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Par Marc Reverdin |
L’année 2026 commence sous des auspices on ne peut plus géopolitique. La guerre en Ukraine fixe toujours l’horizon sécuritaire européen. À Caracas, l’intervention américaine rappelle que l’Amérique latine est à nouveau un terrain de projection de puissance, tandis que Cuba revient au cœur d’une lecture hémisphérique de Washington. Le Groenland sort de la marge pour devenir un territoire disputé, à la croisée de l’Arctique, des ressources critiques et des nouvelles routes maritimes, au grand dam des Européens et au prix, peut-être, de l’alliance atlantique. Même loin des lignes de front, la realpolitik structure la stratégie des grands blocs économiques.
Dans ce paysage, la rivalité sino‑américaine est pleinement multidimensionnelle : militaire en Indopacifique, technologique sur les chaînes de valeur et les données, financière et normative dans les institutions et forums économiques. Elle irrigue la plupart des dossiers globaux et se lit en filigrane dans les agendas des grandes plateformes. La France accueillera en juin le G7 à Évian, avec un ambitieux agenda de refondation macro-économique entre les Etats-Unis, l’Europe et la Chine, et avant un Forum de Paris sur la Paix en novembre qui en prolongera et élargira les débats.
De leur côté, les États‑Unis présideront un G20 à Miami dans une logique assumée d’« America First », centrée sur les intérêts économiques, technologiques et énergétiques américains, tandis que la Chine organisera le sommet des leaders de l'APEC 2026 à Shenzhen, dans un format où les États‑Unis sont membres et où se joue l’équilibre économique de l’Asie‑Pacifique. Pékin et Moscou sont au cœur des BRICS élargis, pendant que le G77 et d’autres forums du Sud global cherchent à peser davantage sur la définition des règles communes.
Autour de ce noyau, se déploie un archipel de plateformes plus ou moins informelles : le Forum de Davos, la Conférence de Munich sur la sécurité, les MED-Dialogues ou le Forum de Paris sur la Paix en Europe ; le Shangri‑La Dialogue à Singapour, le Raisina Dialogue en Inde ou encore l’Indo Pacific Forum inspiré de Shinzo Abe en Indopacifique ; le Doha Forum au Qatar et la Future Investment Initiative en Arabie saoudite dans le Golfe ; sans oublier le Forum des Amériques, qui organise, dans les Amériques et tous les ans à Paris, des conférences structurante sur les enjeux économiques. Chaque rendez‑vous additionne des prises de parole, mais surtout agrège des signaux : priorités réelles des grandes puissances, marges de compromis, lignes rouges.
Pour les entreprises, que ce soit des secteurs agroalimentaires, de l’énergie, de la santé ou des nouvelles technologies, ces plateformes ne sont plus de simples scènes de communication globale. Ce sont des lieux où se préparent, de façon informelle mais très concrète, les évolutions de l’ordre juridique et des contraintes opérationnelles : régimes de sanctions et contrôles à l’export, traitement des investissements, standards climatiques et numériques, sécurité des chaînes de valeur, accès aux marchés. On n’y discute pas seulement de principes, mais de paramètres qui finiront par façonner les contrats, la conformité, la fiscalité et la gestion des risques sectoriels.
On ne peut donc « participer » à ces plateformes sans lecture géopolitique structurée. Sans cela, une entreprise peut être présente au mauvais endroit, au mauvais moment, ou avec le mauvais narratif : se retrouver instrumentalisée dans un jeu de puissance qu’elle ne maîtrise pas, sous‑estimer l’impact futur d’une prise de position, ou manquer un tournant réglementaire annoncé à demi‑mot dans ces enceintes. À l’inverse, une présence éclairée, appuyée sur une analyse fine des rapports de force, permet de choisir ses forums, ses alliances et ses messages, en cohérence avec ses risques, ses secteurs et ses priorités.
C’est précisément à cette participation dynamique et informée que nous préparons nos clients, du WEF à la COP, de la MSC à la Climate Week, du Doha Forum au sommet de l’APEC, du G7 français au G20 américain, et lors des grands événements multilatéraux, en les équipant des éléments d’analyse, des réseaux et des langages dont ils sont besoin pour tirer meilleur parti de leur engagement, et contribuant ainsi à structurer de façon toujours plus fine un positionnement policy solide pour mieux servir, protéger et développer leur activité.
Merci d’avoir pris le temps de lire cette newsletter mensuelle, rendue possible par les clients du cabinet. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires sur contact@reverdin.eu, ou à prendre rendez-vous pour échanger ou faire connaissance en suivant ce lien.
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Marc Reverdin
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